On n'a pas besoin d'aller mal pour consulter un psy
- delphinerevaultpsy
- 2 févr.
- 3 min de lecture
Quand on se casse une jambe ou que l’on a 40 de fièvre, cela se voit. Il serait alors impensable de ne pas aller consulter.
À l’inverse, la souffrance psychique ne se voit presque jamais. Et c’est sans doute pour cela qu’aller chez un psy reste encore tabou. Beaucoup de personnes pensent qu’il faut être « au plus bas » pour consulter. Comme si la thérapie ne devait commencer que lorsqu’il y a urgence, quand la souffrance n’est plus tenable.
Pourtant, la réalité est tout autre, et heureusement.
De plus en plus de jeunes adultes, notamment parmi les 20–25 ans, n’attendent plus d’aller très mal pour consulter. Cette génération a grandi dans un contexte marqué par des crises successives : pandémie de Covid, dérèglement climatique, incertitudes économiques, guerres, attentats. Face à ces bouleversements, beaucoup ont pris conscience, très tôt, de la nécessité de prendre soin de leur santé mentale, au même titre que de leur santé physique.
Ils consultent non pas parce qu’ils sont « au plus bas », mais parce qu’ils ressentent le besoin d’être accompagnés, de comprendre ce qu’ils traversent, de mettre des mots sur leurs émotions et de trouver des repères dans un monde devenu plus incertain. Cette évolution du rapport à la thérapie montre que consulter un psy n’est pas uniquement une réponse à l’urgence, mais peut aussi être une démarche de prévention, de réflexion et de responsabilisation personnelle.
Pourquoi attend-on souvent d’aller très mal pour consulter un psy ?
Malgré cette évolution, attendre d’aller très mal avant de consulter reste encore fréquent. Cette attente est souvent liée à des représentations erronées de la thérapie : un espace réservé aux « fous », aux pathologies graves, aux effondrements.
S’y ajoutent des pensées courantes comme :
« Il y a pire que moi »
« Je n’ai pas vraiment de raison d’aller mal »
« Je vais tenir »
Même si cette façon de penser est compréhensible, elle peut conduire à minimiser une souffrance pourtant bien réelle et retarder une démarche qui pourrait être bénéfique.
Consulter un psy quand ça va… mais pas complètement
Heureusement, de nombreuses personnes consultent aujourd’hui sans attendre d’aller trop mal. Elles viennent parce qu’elles se sentent fatiguées mentalement, qu’elles ruminent beaucoup, ou qu’elles constatent que certaines difficultés relationnelles se répètent, dans le couple, la famille ou le travail.
La consultation peut également avoir lieu à des moments charnières de la vie : devenir parent, changer de travail, traverser une séparation, faire face à un deuil.
Il arrive aussi que des parents consultent pour réfléchir à leur manière d’élever leur enfant, poser un cadre, et mieux comprendre leurs propres réactions émotionnelles.
Psychanalyse et TCC : une thérapie adaptée à chaque histoire
En tant que psychanalyste et praticienne en TCC, je propose, selon l’histoire et les besoins de chacun, un travail thérapeutique articulé autour de deux approches complémentaires.
L’approche psychanalytique permet de donner du sens à ce qui se joue, d’éclairer l’histoire personnelle et les répétitions inconscientes. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) offrent quant à elles des outils concrets, pendant les séances et en dehors, pour observer ses pensées, ses émotions et ses comportements, et les ajuster dans le quotidien.
Choisir de se faire accompagner, c’est reconnaître que certaines difficultés méritent d’être pensées à deux, dans un cadre sécurisé, confidentiel et bienveillant.
Parfois, le meilleur moment pour consulter n’est pas quand tout va mal, mais quand on se dit simplement : « Ça va… mais j’aimerais que ça aille mieux. »
En conclusion
La thérapie n’est pas uniquement un espace pour aller mieux. C’est aussi un espace pour comprendre, prévenir, ajuster et prendre soin de soi dans la durée.
Consulter un psy, ce n’est pas attendre d’aller mal, c’est prendre soin de soi et retrouver une marge de liberté.
Si vous vous reconnaissez dans ces questionnements, vous pouvez me contacter pour en parler.




Un article très juste et bienveillant ! Il rappelle qu’on peut consulter un psy sans aller mal, simplement pour mieux se comprendre et prendre soin de soi.